#e51e0a

LA VISITE DE LA VIEILLE DAME THÉÂTRE / CRÉATION

22.09–01.11.26

TEXTE : FRIEDRICH DÜRRENMATT

Mise en scène et adaptation : Omar Porras – Teatro Malandro

Scénographie : Fredy Porras et Omar Porras

EN TOURNÉE

Dans la petite ville de Güllen jadis prospère, tout n’est que misère et dénuement. Aucun train ne s’arrête plus dans sa gare délabrée et c’est d’allocations que vivent ses habitants. Aujourd’hui pourtant, tout le monde est en émoi : Claire Zahanassian, la veuve d’un milliardaire (un magnat des puits de pétrole), doit arriver d’un instant à l’autre et ils comptent bien lui soutirer quelques millions pour relancer les affaires.

Quarante-cinq ans plus tôt, elle avait quitté la bourgade sous leurs quolibets, après le déni de paternité d’Alfred Ill. Rafistolée de prothèses, un cercueil et une panthère noire à sa suite, l’ancienne enfant du pays revient, riche et triomphante, prête à sortir Güllen de la misère, mais à une condition : « que quelqu’un tue Alfred Ill » – l’homme qu’elle a aimé et qui l’a abandonnée. Elle vient pour s’acheter la Justice par un crime collectif qu’elle n’a plus qu’à attendre patiemment, car elle sait que la tentation de l’argent a le pouvoir insidieux de corrompre les âmes.

Cette parabole, emblématique du répertoire du Teatro Malandro, pose des questions glaçantes et particulièrement d’actualité aujourd’hui à l’heure où la voix des femmes se fait entendre pour demander réparation, mais aussi où l’impérialisme prédateur met à mal les droits humains, la démocratie, comme le droit international : peut-on en effet tout acheter ? Jusqu’où une société est-elle prête à aller pour survivre ? Est-on un citoyen libre quand on se laisse prendre par la corruption ?


Les dimanches matin au TKM

« Théâtre gestuel et burlesque »
Conférence avec Jean-Claude Cotillard
Di 04.10.26, 11h

La rencontre se prolonge autour d’un brunch imaginé par l’équipe du bar.
CHF 28.- (repas inclus)

ÉQUIPE DE CRÉATION

Mise en scène et adaptation
Omar Porras – Teatro Malandro

Assistante à la mise en scène
Marie Robert

Scénographie
Fredy Porras
Omar Porras

Musique originale
Andrès Garcia
Omar Porras
Sarten

Costumes
Bruno Fatalot
Omar Porras

Assistante costumes
Julie Raonison

Equipe costumes
Naomi Purro
Victor Müller

Maquillage, perruques et masques
Fredy Porras

Stagiaires
Estelle Lescure
Vanessa Barbossa

Direction technique
Hervé Vincent

Régie plateau
Gabriel Sklenar
Noé Stehlé

Accessoires et effets spéciaux
Laurent Boulanger

Création lumière
Mathias Roche

Régie lumière
German Schwab
Ludovic Bouaud

Création et régie son
Benjamin Tixhon

Régie son
Sébastien Perron

Construction du décor
Ateliers TKM

Avec
Pierre Boulben
Francisco Cabello
Manon Castellano
Karl Eberhard
Antoine Joly
Jeanne Pasquier
Omar Porras
Marie-Evane Schallenberger

Production
TKM Théâtre Kléber-Méleau – Renens

Coproduction
Maison de la Culture de Bourges
Château Rouge – Annemasse

Avec le soutien de
Fondation Charlotte Kerr Dürrenmatt
Fondation Françoise Champoud
Pour cent-culturel Migros
Les Amis du TKM
Fondation Casino Barrière de Montreux

Recréation le 22 septembre 2026 au TKM Théâtre Kléber-Méleau à Renens.

La pièce La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt (traduction Jean-Pierre Porret) est représentée par L’ARCHE – agence théâtrale.

FRIEDRICH DÜRRENMATT (1925-1990) — Né le 5 janvier 1925 dans le canton de Bern, dans la petite bourgade de Konolfingen (Emmenthal), mais ayant vécu dès 1952 dans le Vallon de l’Ermitage à Neuchâtel, Friedrich Dürrenmatt est devenu un lieu de mémoire pour les Suisses (quasi aussi illustre que Guillaume Tell dirait-il !). Un de ses tout premiers textes dramatiques eut un succès de scandale, tant la satire qu’il y faisait des Anabaptistes était violente. Il faut dire que Friedrich Dürrenmatt était fils de Pasteur, et qu’en 1946, au moment de la composition de ce texte, il était lui-même en train de suivre à Berne des études de théologie et de philosophie, en « protestant coriace » – comme il se plaisait à se qualifier lui-même.

Le succès de La Visite de la vieille dame est à situer entre L’Aveugle, créé à Bâle en 1948 – dont Friedrich Dürrenmatt ne souhaitait plus entendre parler – et Romulus le Grand (mis en scène par le Centre Dramatique de l’Est et Hubert Gignoux), deux pièces créées à Bâle respectivement en 1948 et 1949. Dans ce dernier texte, l’Empereur de Rome décide de cesser de défendre un Empire qui repose sur le crime et l’ambition pour s’adonner à l’élevage de poules, une intrigue qui témoigne du scepticisme envers l’humanité de Friedrich Dürrenmatt, ce grand lecteur de Sören Kierkegaard, auquel il faillit consacrer une thèse entière et dont il fera encore état dans Le Mariage de Monsieur Mississippi (Munich, 1952), avant même Un ange à Babylone (Munich, 1954).

Parallèlement à son activité d’auteur, ce dernier a peint et dessiné avec passion tout au long de sa vie : avant de devenir mots, ses visions, réflexions et impressions sont passées par le prisme incisif d’une production graphique. Il puise ses références dans un pandémonium personnel né dès ses jeunes années des récits bibliques, de légendes médiévales ou encore de mythes issus de la théogonie grecque ou latine, mais aussi de sa fascination très tôt pour le monde des étoiles et plus largement du cosmos.

Lui qui hésitait tant entre une carrière de peintre et d’écrivain, sut composer in fine une œuvre plurielle, faite de pièces de théâtre, mais aussi d’œuvres radiophoniques, de scénarios, de romans policiers et d’essais – de dessins et de peintures.

OMAR PORRAS — Ayant grandi en Colombie, Omar Porras arrive à Paris à l’âge de vingt ans, en 1984. Il fréquente d’abord deux ans durant la Cartoucherie de Vincennes, découvre, fasciné, le travail d’Ariane Mnouchkine et de Peter Brook, fait un bref passage dans l’École de Jacques Lecoq, travaille avec Ryszard Cieslak, puis rencontre Jerzy Grotowski – ce qui va l’inciter à s’intéresser aux formes orientales (Topeng, Kathakali, Kabuki, Nô…). C’est donc tout naturellement que, quand il arrive à Genève en 1990 et qu’il fonde le Teatro Malandro, il affirme une triple exigence de création, de formation et de recherche qui reste la sienne aujourd’hui.

Sa technique théâtrale, axée sur le corps du comédien, la segmentation de ses mouvements dans l’espace et l’utilisation des masques allie le geste chorégraphique à la musique, s’inspirant à la fois de traditions occidentales et orientales – une méthode qu’il transmet lorsqu’il dirige des ateliers pour comédiens ou danseurs, notamment dans les Ateliers de Paris avec Carolyn Carlson, à ARTA ou à SPAC, à Shizuoka.

D’un projet à l’autre, c’est tout un répertoire de créations nourries de traditions pluriculturelles, une sorte de réserve de spectacles prêts à être repris, comme « en jachère», dont dispose le Teatro Malandro, qui puise autant dans les classiques avec Faust de Marlowe (1993), Othello de Shakespeare (1995), Les Bakkantes d’après Euripide (2000), Ay ! QuiXote d’après Cervantès (2001), El Don Juan d’après Tirso de Molina (2005, L’Avant-scène théâtre n° 1180), Pedro et le Commandeur de Lope de Vega (2006, L’Avant-scène théâtre n° 1214), Les Fourberies de Scapin (2009), Roméo et Juliette (2012, L’Avant-Scène théâtre n°1339) et Amour et Psyché de Molière (2017, L’Avant-scène théâtre n° 1423), Le Conte des contes d’après Giambattista Basile (2020 ; 2022 ; 2024, L’Avant-scène théâtre n° 1487), La Tempête ou la voix du vent d’après Shakespeare (2025) que dans les textes modernes et contemporains avec La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt (1993 ; 2004; 2015 ; 2026), Ubu Roi d’Alfred Jarry (1991), Striptease de Slawomir Mrozek (1997), Noces de sang de Garcia Lorca (1997), Histoire du soldat de Ramuz (2003 ; 2015 ; 2016), Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht (2007), Bolivar : fragments d’un rêve de William Ospina (2010), L’Éveil du printemps de Frank Wedekind (2011), La Dame de la mer d’Ibsen (2013), Ma Colombine (2019) en complicité avec Fabrice Melquiot, Carmen l’audition (2021) et Ritualitos, un poème musical créé par Omar Porras avec William Fierro et  Maria de la Paz qui interroge notre lien à la nature en une ode à la vie (2023). Cette saison 2025-2026, Omar Porras a réalisé une création au Centre Dürrenmatt de Neuchâtel, F.C. Helvetia 1291, d’après La Croix engraissée de Friedrich Dürrenmatt ainsi qu’un duo avec Cédric Peschia, Le Verbe de Bach, la Musique de la Bible.

Parallèlement au théâtre, Omar Porras explore également l’univers de l’opéra avec L’Elixir d’amour de Donizetti (2006), Le Barbier de Séville de Paisiello (2007), La Flûte enchantée (2007) d’après Mozart, La Périchole (2008), La Grande Duchesse de Gérolstein (2012) d’Offenbach et Coronis (2019 ; 2022) de Sebastián Durón ; s’aventure sur le terrain de la danse avec Les Cabots (2012), une pièce chorégraphique signée Guilherme Botelho de la Cie Alias et interprète Krapp dans La Dernière Bande (2017) de Beckett mise en scène par Dan Jemmett.

Sa Visite de la vieille dame (1993) a été récompensée par le Prix romand des spectacles indépendants (1994) et Pedro et le Commandeur a été doublement nominé aux Molières 2007. La Colombie lui a décerné l’Ordre national du mérite en 2007 et la Médaille du Mérite culturel l’année suivante. En 2014, le Grand Prix suisse du théâtre/Anneau Reinhart lui a été décerné pour son œuvre. Depuis juillet 2015, il dirige le TKM-Théâtre Kléber-Méleau.

Les dimanches matin au TKM

« Théâtre gestuel et burlesque »
Conférence avec Jean-Claude Cotillard
Di 04.10.26, 11h

La rencontre se prolonge autour d’un brunch imaginé par l’équipe du bar. Prenez vos billets auprès de la billetterie.

Bord de scène
Je 08.10.26

Visite gratuite du théâtre et du décor
Sa 31.10.26
Réservation

Le surtitrage de la représentation du 29.10.26 est réalisé par l’association Écoute Voir.
Inscriptions : ST@ecoute-voir.org ou au 078 720 01 53

2026

Omar Porras retrouve sa Vieille dame, leprogramme.ch, Bertrand Tappolet, 22.09.2026, Voir ici

 

La visite de la vieille dame, Paperblog, A bride abattue, 27.01.2026, Voir ici.

Omar Porras et sa « Visite de la vieille dame » chassent le spleen, Le Temps, Alexandre Demidoff, 30.09.2015, Voir ici.

Der Wilhelm Meister aus Bogotá, NZZ, Sabine Haupt, 08.02.2005, Voir ici.

Le retour animé d’une « Vieille Dame » au pays, Le Monde, Fabienne Darge, 06.05.2004, Voir ici.

La parade des âmes en peine, Télérama, Fabienne Pascaud, 05.05.2004, Voir ici.

Une mascarade vénéneuse, Swissinfo, Ghania Adamo, 23.01.2004, Voir ici.

Une vieille dame enjôleuse, Le bien public, Nathalie Bouley, 21.05.1994, Voir ici.

Dürrenmatt sur un air de samba, Journal de Genève, Sandrine Fabbri, 22.11.1993, Voir ici.

 

 

 

 

 

Neuchâtel – Suisse
05 – 07.11.26
Théâtre du Passage

Bulle – Suisse
12.11.26
CO2

Annemasse – France
18 – 19.11.26
Château Rouge

Monthey – Suisse
24.11.26
Théâtre du Crochetan

Fribourg – Suisse
03.12.26
Théâtre Equilibre

Carquefou – France
09 – 10.12.26
Théâtre de la Fleuriaye

Belfort – France
14.01.27
Théâtre GRRRANIT Scène nationale

Bourges – France
26 – 27.01.27
Maison de la Culture de Bourges

Comment recrée-t-on un spectacle plus de trente ans après sa première apparition ?

Créée en 1993 par Omar Porras et le Teatro Malandro, puis revisitée en 2004 et 2015, La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt revient au TKM en 2026 dans une quatrième version.

À l’occasion de cette recréation, nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui la façonnent aujourd’hui. Interprètes, créatrices, créateurs et artisans du spectacle racontent le travail en cours depuis leur endroit : la mémoire du corps et du plateau, le texte de Dürrenmatt, la recherche collective, les costumes, les masques, le son, les effets…

Certains accompagnent cette Vieille Dame depuis de nombreuses années, d’autres la rencontrent pour la première fois. Entre souvenirs, gestes, savoir-faire et nouvelles dimensions, leurs regards racontent comment un spectacle traverse le temps sans rester figé.

1./ « La mémoire du plateau » – Karl Eberhard

 

2. / « Fabriquer l’illusion » – Laurent Boulanger

 

3. / « Dürrenmatt de voix en voix » – Jeanne Pasquier et Francisco Cabello 

 

4./ « Rejoindre l’histoire » – Marie-Evane Schallenberger et Pierre Boulben

 

5./ « Construire une silhouette » – Bruno Fatalot et Julie Raonison

 

6./ « Le son comme partenaire de jeu » – Benjamin Tixhon

 

7./ « Créer en choeur » – Manon Castellano et Antoine Joly