PAGUS VALDENSIS INSTALLATION / PAGAMENTO

02.05–13.05.23

CONCEPTION: SOPHIE BERGER & FABRICE MELQUIOT

SCÉNOGRAPHIE : EMILI HUFNAGEL & MICHEL LAUBU – TURAK THÉÂTRE

Pagamento est constitué de deux propositions artistiques qui toutes interrogent notre lien à la nature en une ode à la vie.

En Colombie, dans les Caraïbes, la communauté indigène des Kogis, s’adresse à Pachamama, la Terre-Mère, avec reconnaissance, et prend soin de lui rendre l’offrande qu’elle lui a faite.
Ce jeu d’échanges et de remerciements, c’est le Pagamento.

Pagus Valdensis : ainsi nommait-on le Pays de Vaud il y a plus de mille ans, du Mont Tendre aux Diablerets, du lac Léman au Rhône, des Préalpes aux bois du Jorat. Pagus Valdensis est une invitation du directeur du TKM à créer pour la forêt qui n’arrive plus à se loger sur terre un appartement, que les spectateurs peuvent aujourd’hui traverser. Ce qu’ils y découvriront ? « Un territoire mystérieux », « un bien étrange continent », « une jungle de Polysémie », « une luxuriante et vertigineuse végétation de notre mémoire qui grouille de signes et autres sortes de drôles d’oiseaux qui s’envolent à chacun de nos pas », dirait Michel Laubu – qui en complicité avec l’équipe du TKM, Sophie Berger et Fabrice Melquiot nous plonge au coeur du « parlement de la forêt » – comme si le Chemin de l’Usine à Gaz, un passage secret nous permettait d’accéder directement en Turakie…

MICHEL LAUBU ET EMILI HUFNAGEL — Michel Laubu est un inventeur de mondes. Il l’était enfant, acharné bricoleur et rêveur, à Creutzwald, dans une cité minière qu’il quitte à vingt ans, en 1981, lorsqu’il trouve le chemin de la formation du Centre Universitaire international de Formation et de recherche dramatique (le CUIFERD) et qu’il y pratique un théâtre de l’action physique avec Grotowski comme Barba, mais aussi le Nô, le Kyogen, le Kathakali, le Topeng… Tel fut son chemin vers « l’école polysémique » et le Turak Théâtre, une Compagnie qu’il fonde en 1985. Rapidement il découvre la Turakie, pays imaginaire né d’un champ de fouilles fictif et propose des reconstitutions de ce qui ne s’est pas passé dans ce pays qui n’existe pas, des spectacles, des expositions et des performances. Parmi les oeuvres créées, citons : Golek en 1987, Au rez-de-chaussée d’un petit entrepôt précieux en 1992, Deux pierres – 2 PI R en 1999, Le Poids de la neige et la salamandre en 2001, La Petite fabrique de pingouins en 2003, Depuis hier, 4 habitants et Intimae en 2006, Établ’île en 2007, À notre insu en 2008, Stirptiz et Appartement témoin en 2010, Les Fenêtres éclairées en 2011, Gardien de Phare(s) et autres loupiotes en 2012.
Dès le début des années 2000, Michel Laubu s’est associé à Emili Hufnagel en codirection artistique. En 2011, cette dernière est en tournée en duo avec Michel Laubu pour Les Fenêtres éclairées, avant de jouer en 2013 dans Sur les traces du I.T.F.O. (Import’nawouak Turakian Folklorik Orke’stars), puis en 2015 dans Une Carmen en Turakie. Emili Hufnagel signe ensuite son premier solo en 2017 Chaussure(s) à son pied et met en scène Michel Laubu dans Parades nuptiales en Turakie, avant de cosigner avec ce dernier Incertain Monsieur Tokbar en 2019, 7 Soeurs de Turakie en 2021 et Expédition en Turakie en 2022.

FABRICE MELQUIOT — Né en 1972, Fabrice Melquiot est auteur de poésie et de chansons, mais surtout de pièces de théâtre (plus de cinquante aujourd’hui), pour une grande part publiées à L’Arche, notamment L’Inattendu (2001), Percolateur Blues (2001) et La Semeuse (2001), Le Diable en partage / Kids (2002), Autour de ma pierre il ne fera pas nuit et The balade of Lucy Jordan (2003), Ma vie de chandelle (2004). Plusieurs
de ses textes sont traduits dans une douzaine de langues et ont été représentés dans de nombreux pays (Allemagne, Grèce, Mexique, États-Unis, Chili, Colombie, Espagne, Italie, Japon, Canada, Russie). Fabrice Melquiot a découvert le travail d’Omar Porras en 2001 avec Ay ! QuiXote, au Théâtre de la Ville de Paris et en est sorti durablement marqué. De 2012 à 2021, il est directeur du Théâtre Am Stram Gram à Genève.
Dès son arrivée, le voici en conversation régulière avec l’artiste dont l’ancrage sur le territoire suisse romand est déjà ancien, tant et si bien qu’il lui propose une recréation de L’Histoire du Soldat, et que naît également un désir de plateau partagé. C’est alors qu’a lieu un voyage en Colombie, sur les hauteurs de la Cordillère des Andes et jusqu’aux paradis engouffrés dans la guerre. De l’histoire d’un homme est né un conte, Ma Colombine, une traversée du miroir d’Alice, où Omar Porras a le nom de ses ancêtres indigènes et de ses rêves, au coeur des métamorphoses, et où nous retrouvons l’idée du pacte autobiographique de Philippe Lejeune et le trouble d’un « je » multi-facettes – ce qui crée un grand théâtre de fantômes…

SOPHIE BERGER — Ingénieure du son et créatrice son formée à l’ENSATT (2009 – 2012), section réalisation sonore (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre), elle « travaille le son de façon sensible », comme elle l’explique ellemême : « Je prends le son, le monte, le compose, le mixe. Je me plonge au long cours dans des territoires pour en restituer des créations sensibles, qui sont souvent tout autant un
voyage immersif qu’une invitation à écouter le monde. » Elle a ainsi parcouru la France à pied pour sa pièce sonore LOIRE (2013), s’est embarquée trois mois sur un porte-conteneurs pour CARGO (2015), ou encore a « effectué une rotation sur le navire ravitailleur des terres australes et antarctiques françaises » pour 49°00’ SUD, « carnet de voyage à Kerguelen, Crozet et Amsterdam, îles subantarctiques ».
Elle compose également depuis dix ans des bandes-son pour le spectacle vivant (danse & théâtre), notamment pour Anne Théron et pour Fabrice Melquiot, crée des installations sonores ou des expositions (pour Rennes Métropole avec le Musée de Bretagne ou le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme), collaborant avec des artistes de toutes disciplines. Ses pièces sonores sont diffusées en radio sur ARTE Radio, France Culture, la RTBF la première (Belgique), et dans des festivals en France et à l’étranger (Montréal et Bruxelles).
Elle a reçu le prix d’art sonore Pierre Schaeffer en 2013.

 

 

ÉQUIPE DE CRÉATION

Conception :
Sophie Berger et Fabrice Melquiot
à l’invitation d’Omar Porras
Création sonore :
Sophie Berger
Texte :
Fabrice Melquiot
Scénographie :
Emili Hufnagel et Michel Laubu – Turak Théâtre
avec la complicité de Baptiste Novello, Yvan Schlatter et Alexandre Genoud
Construction et création lumière :
Baptiste Novello, Alexandre Genoud, Yvan Schlatter, Simon Porras, Arno Fossati, Marion Reymond, Marc-Etienne Despland, Colin Jeanneret

Production :
TKM Théâtre Kléber-Méleau