L’ANALPHABÈTE

22.11.20

TEXTE: AGOTA KRISTOF
PAR: CATHERINE SALVIAT

 

Dim: 11h

Durée : 1h

Dès 10 ans

 

Venez écouter les souvenirs d’Agota Kristof, réfugiée en Suisse, à Neuchâtel, en 1956, après une traversée ha- sardeuse par l’Autriche pour fuir le chaos et les purges de son pays, un nourrisson dans les bras !

Venez sentir son amour des mots, talismans dans le malheur !

Venez voir comment « l’analphabète » se donne le « défi » de conquérir « la langue inconnue » !

Catherine Salviat nous offre la traversée du texte autobiographique d’Agota Kristof publié en 2004 aux éditions Zoé, L’Analphabète – que lui fit découvrir Nabil El Azan en 2015.

Dans la jubilation de porter à nous les mots de cette auteure hongroise à la langue épurée et que rythment également les lumières de François Cabanat, elle nous fait passer les portes imaginaires des onze chapitres de l’ouvrage: du goût des mots à lire et à écrire, du bonheur de l’enfance en Hongrie, de l’amertume du pensionnat, de la mort de Staline en1953, de l’écriture poétique à l’exil politique trois ans plus tard, à la Suisse, au travail à l’usine, à l’aphasie de l’étrangère, à la compassion des Neuchâtelois, au mal-être identitaire, au sentiment de déracinement et à la nostal- gie du pays natal, à l’exilée armée de son dictionnaire, comme d’un grimoire, à la conquête du français, la « langue ennemie » qui vient se substituer dans sa pratique de romancière à sa langue maternelle…

Catherine Salviat commence : « Je lis. C’est comme une maladie. Je lis tout ce qui tombe sous la main, sous les yeux […]» Elle égraine les mots agencés en phrases simples, incisives, tout en retenue, mais non sans humour, et témoigne à son tour.

 

AGOTA KRISTOF — Née à Csikvànd, en Hongrie, en 1935, Agota Kristof a neuf ans lorsque ses parents s’installent à Köszeg – où se déroulent tous ses romans. À dix-huit ans, elle épouse son professeur d’his- toire. Impliqué dans l’insurrection de Budapest, ce dernier la conduit à quitter son pays natal en 1956 pour migrer vers la Suisse, à Neuchâtel, avec leur bébé de quatre mois.

Agota Kristof y travaille dans une usine d’horlogerie. Cinq ans plus tard, elle apprend le français. Entre les années 1970 et 1980, elle livre des pièces pour la radio, puis écrit des nouvelles et des romans dont La Trilogie des jumeaux (entre 1986 et 1991) – Le Grand Cahier, La Preuve et Le Troisième Mensonge – traduite dans 35 langues.

CATHERINE SALVIAT — Catherine Salviat est engagée à la Comédie-Française en 1969, en devient sociétaire jusqu’en 2006, puis est nommée sociétaire honoraire.
Elle a joué sous la direction aussi bien de Philippe Adrien, Jean-Louis Barrault et Roger Blin que Gildas Bourdet, Jean-Luc Boutté, Jacques Charon, Simon Eine, André Engel, Maurice Escande, Michel Etcheverry, Yves Gasc, Catherine Hiegel, Brigitte Jaques-Wajeman, Jacques Lassalle, Jean-Paul Lucet, Daniel Mesguich, Jean Meyer, Omar Porras, Guy Retoré, Jean-Paul Roussillon, Giorgio Strehler, Jean- Louis Thamin, Jean-Pierre Vincent, Anatoli Vassiliev, André Wilms et Franco Zeffirelli.

Texte :
Agota Kristof

Par :
Catherine Salviat (Sociétaire honoraire de la Comédie-Française) Création lumières :
François Cabanat

Production et production déléguée :
Artistic Théâtre, à Paris