Voilà dix ans que Jean Liermier ne s’était pas frotté à Pirandello, depuis sa collaboration à la mise en scène des Grelots du fou à la Comédie-Française auprès de Claude Stratz. C’est à son contact et à celui d’André Engel qu’il a aiguisé son goût pour les grands textes et une conception de l’espace qui laisse l’acteur maître à bord. Infatigable amoureux de Molière, de Marivaux, de Musset, il revisite le répertoire classique avec une précision qui fait entendre son amplitude et son éternelle contemporanéité. Arrivé à la tête du Théâtre de Carouge-Atelier de Genève en 2008, c’est encore ce patrimoine qu’il a souhaité célébrer et donner en partage au plus grand nombre. Jean Liermier est aussi comédien. Sa création du personnage de Tintin dans Les Bijoux de la Castafiore (2001 et 2011), adapté par Dominique Catton et Christiane Suter, a marqué les esprits. Parmi ses derniers spectacles en tant que metteur en scène, on se souvient de Harold et Maude de Higgins (2011), Figaro ! d’après Beaumarchais (2012) ou encore du Malade imaginaire de Molière (2014). Cette saison, il met aussi en scène My Fair Lady d’après Pygmalion de Shaw à l’Opéra de Lausanne.