Dramaturge, romancier, peintre et essayiste, Friedrich Dürrenmatt (1921-1990) s’est imposé comme un maître de la prose allemande contemporaine. Né à Berne, c’est à Neuchâtel qu’il crée la majeure partie de son œuvre monumentale – traduite dans plus de quarante langues – avant d’y mourir emporté par une crise cardiaque. Cet hédoniste amoureux de bons vins signe sa véritable entrée en littérature en 1947 avec C’est écrit, une pièce qui fait scandale et qui lui colle une éti-quette d’écrivain non conformiste. La Visite de la vieille dame (1956) et Les Physiciens (1962) lui valent une consécration mondiale. Dürrenmatt élabore une dramaturgie originale qui s’exprime par une esthétique du grotesque, seule capable de rendre compte de la réalité selon lui. Les grands héros tragiques n’existent plus, aucune doctrine ne sauvera l’humanité du chaos, la comédie se charge désormais des tragédies du monde. Ne capitulons pas pour autant, semble-t-il nous dire, à l’image de ses protagonistes qui rétablissent en eux l’ordre perdu, à défaut de pouvoir changer les choses.
Parmi ses romans les plus connus, citons La Panne, Le Juge et son bourreau, La Promesse.