01.06.18

Vendredi 1er : 20h

INCISES… BOULEZ

Création sans point final

Un piano, puis trois pianos avec escorte de harpes et de percussions, puis retour au piano seul. Un cheminement sur huit ans, offert par un Pierre Boulez qui retrouve le clavier après une absence de près de quarante ans: l’idée non pas d’une œuvre achevée – définitive – mais d’un processus créatif toujours ouvert.

La modernité ne se lit pas seulement dans l’évolution du langage musical, mais également dans le changement de rapport du compositeur à l’acte créatif. Quand Jean-Sébastien Bach écrit une cantate, il suit un cahier des charges précis fixé par son employeur : à chaque dimanche son œuvre nouvelle pour habiller le culte. Quand Pierre Boulez met Incises sur le métier en1994, il répond d’abord à son aspiration d’artiste, qui n’hésite pas, même au moment de sa présentation publique – à Milan lors du concours Umberto Micheli où elle est pièce imposée –, à la considérer comme «ouverte» à des développements futurs – une ouverture qui n’est pas un phénomène nouveau puisqu’on la rencontre déjà chez Wagner et Mahler. Ces développements surviennent deux ans plus tard déjà avec la composition de Sur incises, une pièce beaucoup plus vaste bâtie à la manière d’un commentaire sur l’œuvre «originale». Le piano y est multiplié par trois: trois instruments escortés chacun d’une harpe et de percussions et qui se renvoient le son à la manière d’une joute triangulaire. 2001. Retour au piano seul et à Incises. Nouveau point d’orgue. Qui devient point final avec la disparition de Pierre Boulez le 5 janvier 2016.

 

BOULEZ
Incises (1994) pour piano solo
Yurika Takayama
Piano

BOULEZ
Incises (2001) pour piano solo
Johann Vacher
Piano

BOULEZ
Sur Incises (1996-1998) pour trois pianos,
trois harpes, trois percussions
Cédric Pescia
Johann Vacher
Yurika Takayama
Pianos
Anne Bassand
Ece Yavas
Alessia Lepori
Harpes
Philippe Spiesser
Fabien Perreau
Jean-Baptiste Solano Parer
Percussions
Laurent Gay
Direction

Coproduction :
TKM Théâtre Kléber-Méleau, Ensemble enScène

Avec le soutien de :
La Haute école de musique de Genève.

Partenariats :
SMC (Société de Musique Contemporaine) de Lausanne, La Haute école de musique de Genève.